Seppois-le-Haut
Obersept

les võgele

Armand et Paul ont bien voulu nous faire dépositaires de quelques uns de leurs souvenirs.

C'est aussi Fernand qui nous a parlé de cette célébration qui marquait les esprits des jeunes gens jadis, comme toutes les fêtes du feu le font sans doute.

 

Pour le mardi gras, les jeunes gens dressaient un bucher au dessus du cimetiére.

Tout combustible y était entassé : bois paille, papier... tout ce qui pouvait brûler était entasé, non pas selon les habitudes des feux de joie vosgiens, mais en un grand amas, pele mêle.

La nuit tombée, un défilé se rassemblait, au son de la musique qui animerait ensuite le bal, et on se rendait devant le bucher, qu'on allumait aussitôt.

 

Les jeunes gens n'y étaient pas venus les mains vides!

Tous étaient muni d'un bâton spécial, taillé dans une branche de noisetier, fendu à une extrémité, et bien enduit de poix, ou bourré de paille, comme une torche.

Ce bâton avait été longuement préparé, mis à secher plusieurs fois dans le four, aprés la cuisson du pain, pour être bien sec pour la fête.

Avant que le bucher ne s'éteingne, chaque jeune homme avait mis sa torche dans le foyer, puis tous la faisaient tournoyer, et dessinaient des ronds à grand renfort de moulinets.

 Charles se souvient que les conscrits devaient sauter par dessus les braises du bucher, pour montrer leur valeur.

Ce devait être un fameux spectacle, ces cercles de feu. En tout cas ils ont bien marqué les esprits. Pas moins que les festivités qui se tenaient ensuite dans les bâtiments de l'ancienne quincaillerie Bloch, qui était alors un restaurant. On y dansait longtemps, dans des bals animés par ceux là même qui avait accompagné la procession.

 

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