Seppois-le-Haut
Obersept

Les conscrits de la classe 1939-1959

Dans un temps d'avant la journée citoyenne, les jeunes gens faisaient leur service militaire.

Du temps des Séquanes, des Francs et des Alamans, tout homme libre était tenu de consacrer un contingent annuel de jours pour aller se battre avec son chef de tribu, si les circonstances l'exigeaient. Il devait aussi entretenir en parfait état un armement aussi complet que sa fortune le lui permettait.

 

Du temps des rois de France, l'armée était avant tout professionnelle, complétée parfois par des mercenaires. 

A la révolution, on trouva pertinent de dire que chaque français était soldat et devait se consacrer à le défense du territoire. L'an II de la révolution connu la première levée en masse, et un peu plus tard, les députés Pierre Delbrel et Jean Baptiste Jourdan défendirent une loi dont la lettre fut celle ci....

Tous les Français nés la même année forment une « classe », et à l'âge de 20 ans révolus doivent être inscrits ensemble (c'est-à-dire « conscrits ») sur les tableaux de recrutement de l'armée. Les conscrits, avant d'être incorporés, subissent une visite médicale devant un conseil de révision. En temps de paix, le gouvernement peut n'appeler qu'une classe, ou bien qu'une fraction de classe. La durée du service militaire en temps de paix est fixée à cinq ans.


Jusqu'en 1996, le service militaire fut effectif, mais les gouvernements qui suivirent jugérent plus opportun de professionnaliser l'armée. 


Pour autant le service militaire n'est que suspendu, et non pas aboli, et la journée d'appel citoyen reste l'occasion pour une même classe d'âge d'être réunie pour un rendez vous citoyen.


Pour nos anciens, ce passage à la vie d'homme et de citoyen, à l'aube de leur 20 ans commençait par une visite au centre de réforme, qui se tenait, du temps que nous évoquons à Hirsingue.

Fin mai, début juin, la classe se réunissait pour fêter dignement ce passage. Vêtus comme il se doit, les futures recrues paradaient dans les villages, quêtaient puis menaient grande vie, parfois plusieurs jours d'affilé. Pour Armand et Paul, qui étaient conscrits en 1959, l'aventure dura 8 jours, où ils ne revirent pas la maison, et ils en gardent d'impérissables souvenirs.

En les évoquant, on voit briller l'oeil de Paul, et la moustache d'Armand s'étale autour d'un large sourire. 

Pour autant  ils ne diront pas tout.

 

Juste que la classe 39-59 avait réuni les conscrits des deux Seppois et ceux d'Uebertrass, au travers d'une semaine de réjouissances et de partage, y compris avec les conscrites, chez qui ils étaient invités à dormir.

 Sur la photo, en commençant par le haut à droite : 

Raymond Schwartz, Armand Helterlin, Maurice Groff, puis prés de la hampe du drapeau, Claude Groff, Laurent Gaugler, Claude Lebus, Robert, Laurent Hell, Albert Muth, Paul Gissinger et Armand Girard.