Seppois-le-Haut
Obersept

Le Saint Nicolas

Le 6 décembre, un autre événement émouvait Le coeur des jeunes Seppoisiens.

La venue du Saint Nicolas.

Le soir tombé on entendait dans le quartier un bien étrange remue ménage. Deux, parfois trois ou quatre personnages de haute stature et fort bien grimés allaient de porte en porte.

L'un, vêtu de rouge, parfois entouré d'un ou deux autres personnages à surplis rouge, ayant sur la tête une mitre d'évêque, et à la main une crosse, figurait le Saint Nicolas... plutôt une bonne nouvelle pour les amateurs d'oranges, de mandarines, de gâteaux, de fruits secs, de confiseries et de chocolat.

L'autre d'aspect beaucoup plus sinistre, vêtu de noir, botté, portant chaînes et fourche, le fouet à la ceinture et un sac jeté sur l'épaule était beaucoup moins engageant... Le Schwartz Peter (Valet Noir) (ou père fouettard)

Le Saint Nicolas avait beau agiter sa cloche... tous les coeurs n'étaient pas à la fête...

Il allait être question de toutes les turpitudes de cette jeunesse dissipée... avec la terrible menace de finir fouétté, voir emmené dans le sac du Schwartz Peter...

 Saint Nicolas

Paul et Armand nous confient que certains prenaient leur rôle très au sérieux, et terrorisaient si bien les enfants que les parents eux même étaient mécontents.

Mais on finissait par chanter à Saint Nicolas une chanson, ou on faisait une priére rédemptrice.. et les friandises finissaient quand même par être distribuées... sous la menace, pour les plus dissipés, que le Schwartz Peter pourrait bien revenir seul le lendemain!

La tradition perdure, avec parfois des propositions de promenades en calèche, mais toujours la distribution des fameux manalas, une pâte briochée en forme de petit bonhomme et la visite du Saint Nicolas à l'école.

 

Saint Nicolas, évêque de Myre, en Asie Mineure, était réputé pour s'être tenu droit au moment de recevoir le baptême. Orphelin à 8 ans, il est élevé par son oncle, lui même évêque, et est ordonné à 19 ans.

Il participe au concile de Nicè, en 325.

Réputé pour sa grande charité, il passe pour avoir mis dans les bas que trois jeunes filles abandonnées par leur père avaient étendu pour sécher trois belles bourses remplies d'or pour les doter, les sauvant ainsi de la prostitution.

D'où l'ofrande de l'orange, qu'on nomme aussi pomme d'or.

 

La légende veut aussi qu'en ces temps où tout le monde ne mangeait pas à sa faim, trois jeunes garçons, enfants d'une veuve, étaient partis aux champs après la moisson pour glaner.

Ils s'attardèrent tant qu'au soir tombé, ils se trouvèrent face à la porte d'une ville, bien trop éloignée de chez eux pour songer rentrer aussi tard.

Ils y entrèrent donc, et se mirent à demander l'hospitalité.

Mal leur en prit, car ils furent reçus par un boucher, qui plutôt que le les régaler, décida de les dépecer et de les mettre au saloir.

Sept ans plus tard, Nicolas se présentait à la porte du boucher pour demander lui aussi l'hospitalité.

Quand vint l'heure de passer à table, il demanda à son hôte de cette viande qui attendait depuis sept ans au saloir.

Le boucher épouvanté s'enfuit, et le grand saint, élevant trois doigts, réscuscita les trois pauvres enfants.

Certains disent qu'en fait, le boucher se repentit, mais qu'en guise de pénitence, Nicolas lui imposa de le suivre, pour punir les enfants désobéissants.

 

Certains pensent qu'en fait cette légende prendrait sa source dans le fait que Nicolas défendit devant l'empereur Constantin, avant sa conversion, trois officiers chrétiens menacés d'être livrés au boureau.