Seppois-le-Haut
Obersept

Seppois le Haut et les Habsbourg : entre bundschuh et guerre des rustauds

Comme ailleurs en europe, l'Alsace est alors divisée en trois ordres.

La noblesse, le clegé, et le tiers état.

A la noblesse apartient le devoir de proteger, de gouverner les affaires temporelles, et de guerroyer à la demande du suzerain.

Au clergé, celui de veiller au bon ordre moral, en instruisant la masse et en veillant par la prière propriatoire au bon ordre des choses.

Au tiers état revient de produire les richesses, qui permettront par l'impôt de pourvoir à la bonne administration, à la levée des armées, à l'entretien du clergé, et par la corvé  établir  et maintenir les infrastructures utiles à la bonne administration du ban.

 

Présentées ainsi, les choses paraissent simples, mais la réalité est tout autre.

 

Nous avons vu que les territoires sont trés morcelés.

Dans une même commune, on peut devoir quelque chose au seigneur local, à son suzerain.. ou la terre peut dépendre d'une abbaye lointaine, ou avoir été engagée auprés d'un seigneur voisin ou non.

 

Nous avons vu dés le douzième siécle les bourgeois otenir des privilèges pour étabir de bonnes villes qui enrichissaient les suzerains de grands duchés, royaumes ou les évèques, au détriment de plus petits nobles, qui acceptaient mal ces chartes et ces franchises.

 

Pour ces bourgeois, les corvées étaient bien moins lourdes que pour les paysans, dont certains restaient à un état de quasi servage.

Il leur était aussi bien plus facile de défendre collectivement leurs droits, souvents écrits qu'à des petites communautées qui pratiquaient surtout un droit coutumier, que le seigneur faisait évoluer un peu comme il l'entendait, au gré de son bon vouloir.

Certans n'hésitaient pas à privatiser les bénéfices de bois communaux,  augmenter les corvées, et fixaient à a tête du client les ammendes et peines quand ils adminstraient la justice.

 

Nous avons montré un sundgau où reignait une instabilité certaine, souvent la proie de guerres et de pillages, de maladies.

Il y avait aussi de mauvaise années, où les maigres récoltes rendaient trés lourdes les charges d'impôts et de corvées.

 

Tant et si bien que des roturiers instruits, clercs comme Calvin, ou religieux comme Luther, se mirent à critiquer l'ordre établi, en évoquant un retour à la lettre ses saintes écritures, à la vertu et à la charité.

 

Si Calvin eut l'occasion de precher à Strasbourg, et fut bien acceuilli en Suisse, il n'était pas question de tolérer dans l'administration des trés catholiques Habsbourg, qui savaient combien le soutient du Pape pouvait compter dans leurs entreprises, qu'on parle de remettre en cause leur toute puissance.

 

Mais même sous les plus lourds jougs, le malaise des hommes finit toujours par s'exprimer, avec une violence d'autant plus forte que la main du monarque est lourde.

 

Une premiére fois en 1493. Voulant tourner en dérision l'un des insignes du pouvoir, les éperons que les nobles faisait représenter pour signe de leur pouvoir, des miliers de roturers se réunirent sous une baniére représentant un gros soulier de paysan, le bundschuh. Menés par Hanser et Ulmann, ils prennent Sélestat, et entendent faire réviser les bases d'ipôts jugés injustes.

Mais leur audace est vite réprimée.

Ce premier sursault en appelera d'autres, en 1502, 1517, 1520, puis c'est plusieurs provinces de l'empire, notement la Souabe, qui se révoltent dès 1524, en partie sous l'influence de prédicateurs luthériens. En 1525, c'est au tour de l'Alsace de prendre à son compte les douze revendications qui rassemblent et fédèrent des interets que nous avons montré disparates.

Le premier article demandait que les communautés aient le droit d'élire et de révoquer leur prêtre, si celui ci ne prêchait pas conformément aux enseignements des saintes écritures.

 

Les autre étaient de portée plus pratique :

suppression de la petite dîme, sur le bétail,

la grande dîme sur les grains devait être entièrement consacrée à l'entretien du curé

abolition du servage

droit de chasse et de pêche reconnu à tous,

attribution du bois des forêts releverait désormais des communes

pas d'augmentation des corvées

diminution des redevances

fin de l'arbitraire en matière de justice, notamment pour le taux des amendes

restitution du communal usurpé par le seigneur

abolition des droits de succession,

Le douzieme article était un peu moins précis.

Il instait une sorte de droit à l'insurection si le seigneur ne gouvernait pas conformément à l'ésprit de l'évangile.

 

Ces articles étant évidement trés mal accueillis tant par la noblesse que par le haut clergé, éclate alors la guerre dite des rustauds, ou des paysans allemands.

 

Six bandes se rassemblent, dont notement une pour le Sundgau.

Loint dêtre un rassemblement de gueux affamés voués à être dispersés par la moindre troupe de soldats un peu aguéris, ces bandes étaient memées par des bourgeois et des clercs lettrés et instruits dans l'art d'administrer.

 

Sachant organiser des tractations, ils entrainent leurs troupes, connaissent des victoires, confisquent armes poudre et canons, et face à une petite noblesse et un haut clergé désunis par des siécles de luttes intestines et de complots de palais. Ils prennent dans un premier temps le dessus.

 

Ce fut la victoire de Zoller dans la fôret prés de Sarguemines, qui décida sans doute Antoine de Lorraine, seigneur assez avisé pour savoir ménager à la fois l'amitié étroite de François premier et une bonne entente diplomatique avec Charles Quint, à prendre la répréssion en main.

Les choses ne trainèrent pas .

Il lève une armée de 5000 lorrains et de 6000 lansquinets gueldrois.

Impressionnés par sa puissance de frappe, les dirrigeants grandes villes alsaciennes dont une partie avaient accueilli favorablement les chefs des insurgés font volte face, et s'opposent à eux.

 

le 13 mai, les insurgés prennent ansi Saverne, qui se rend bien volontie. Mais dés le 15, les Strasbourgeois leur envoient une lettre laissant entendre qu'ils sont désormais favorables aux entreprises du duc, et les enjoignant de se rendre et de demander sa clémence.

 

Devant cette defection, le insurgés jusque là unis ne savent plus s'ils doivent se rendre, ou attendre le refort de deux autres bandes.

Le 15 mai, la cavalerie lorraine coupe la route aux deux bandes qui devaient venir en renfort.

 

Rpeére historique : 1525, c'est l'anée oùFrançois premir est fait prisonnier à Pavie

Le 15, c'est aussi le massacre à Lupstein.

le 16, la troupe qui avait envahit Saverne se rend, mais l'ordre est donné aux mercenaires de frapper. C'est la curée. 20.000 paysans sont tués.

 

Le 19 mai, nouvelle rencontre à Scherviller.Les lorrains trouvent l'opposition d'une troupe de 12.000 insurgés. 4.000 trouveront là la mort.

 

Encouragés par les victoire du duc, les petits seigneurs alsaciens se rassemblèrent, et finirent le travail.

A Ensiheim, siége du pouvoir des Habsbourg pour le Sundgau, on aurait ainsi condamné à mort jusqu'à 20.000 personnes, dont de nombreux pretres favorables aux insurgés.

Les hommes d'armes mennés par les seigneurs ravagèrent impitoyablement la province, laissant dans les mémoires un souvenir durable des conséquences d'une pensée trop librement exprimée.

Sous le regne des Habsbourg, le protestantisme ne trouva donc pas de possiblité de s'implanter dans le Sudgau.

 Date repére : c'est en 1525, le 24 février que François premier fut fait prisonnier à Pavie.