Seppois-le-Haut
Obersept

Seppois le Haut et les Habsbourg : du XII° au XV° siecle

L'ancêtre légendaire des Habsbourgs serait Aldaric Etuchon d'Alsace, le duc carolingien dont nous avons déjà parlé.

Les choses sont un peu mieux établies à partir de Gondram le riche, comte d'Altemburg, du Sundgau, d'Aargow et de Vindonissa, qui eut la mauvaise idée de se trouver sur le chemin de Oton 1er partant en campagne pour l'Italie. Celui ci le fit connaitre pour traitre à la Diète d'Augsbourg.

 

Ses petits fils Radbot, fondateur de la dynastie, Robolphe, disparu sans descendance mâle, et Werner, évèque de Strasbourg, se firent mieux connaitre, comme bâtisseurs.

Le premier fit erriger l'abbaye de Muri, en Suisse, le second, la prestigieuse abbaye de Ottmarsheim, sur le modéle de celle d'Aix la Chapelle. Et le troisieme fit construire en Suisse, dans le canton d'Argovie  le château qui servit désormai à designer la famille.

Cette forteresse militaire, qui ne fut jamais destinée à l'habitat des seigneurs éponymes, fut l'une de celles qui protegeait le Saint Empire contre les véléités du royaume de Bourgogne.

 

Toujours impliqués au plus haut niveau dans la politique de leur époque, leurs descendants se virent récompensés par des avoueries d'abord, dont celle de la prestigieuse et richissime abbaye de Murbach, puis grâce à Adalbert III,  par le Landgraviat de Haute Alsace, en 1186, pour avoir soutenu le parti favorable à l'empreur Frederic II Barberousse contre le pape, charge prestigieuse qui permit leur ascention vers l'empire, et qui leur resta jusqu'en 1646, date du traité de Munster, où il revient à Louis XIV.

Albrech II dit Les Ferrette, pour avoir toujours soutenu l'empire, gardaient le privilège de ne rendre compte qu'à l'empereur lui meme.

Par son mariage avec Jeanne de Ferrette, Albert II le sage ammena ce comté aux Habsbourgs.

 

Mais l'Alsace, dont ils étaient originaires, n'était plus le centre de leur préocupations : leur regne s'étendait, vers la Suisse d'abord, puis vers l'Autriche et la Hongrie.

 

Ce qui valut quelques déboires aux Sundgauviens.

Les Suisses ne voyaient pas forcément d'un bon oeil l'égémonie des Habsbourgs, qui entendaient leur imposer des lois qu'ils jugeaient étrangéres  leurs interets. Dés 1315, 1500 habitants de Schwytz et des environs défont une troupe de 5000 hommes conduits par Léopold 1er à Morgarten.

 

Déjà éprouvé par la peste en 1313 et en 1346, et par un violent tremblement de terre en 1356, le Sundgau connait les affres de guerres à répétition.

Contre les Bâlois d'abord, en 1354 et 1369 puis contre des bandes armées menées par Enguerrand de Coucy, venu en 1369 et 1375 revendiquer les terres qu'il jugeait de son appanage par sa mère, Catherine d'Autriche, fille de Léopod premier de Habsbourg.

Nous sommes en pleine guerre de cent ans, et on a tôt fait de nommer ces mercenaires les anglais, alors même que si le sire de Cousy a bien épousé en premiéres noces Isabelle d'Angleterre, quand il était prisonnier du Prince Noir, il sert Jean II le Bon, comme otage caution des Anglais d'abord, puis à la mort de son beau pére en 1377, à la tête de troupes françaises. On lui propose en 1380 l'épée du Connetable Du Guesclin, qu'il refusera. Si le sire de Coucy conduisait des troupes "anglaises", ce n'était pas contre les interets du roi de France, mais pour ses interets personnels, en tant que descendant des Habsbourgs.

En 1386, Leopold III méne bataille à Sempach, en Suisse. Ce sera une autre terrible défaite pour les Habsbourg. 15% de la noblesse alsacienne sera tuée dans la bataille.

 

En 1388, les confédérés l'emportent encore à Naëfels sur 5 à 6000 hommes conduits pas le duc Albert III

 

Forts de ces victoires, les confédérés se taillent une réputation de fiers soldats, et fourniront pour les siécles à venir des conteingents réguliers de mercenaires armés de longues lances, les reisläufers, capables de briser le choc de n'importe quelle cavalerie. Ils seront souvent au service du roi de France, mas aussi sur bien des champs d'opération dans toute l'europe.

 

En 1347, Charles IV du Saint Empire donne à Mulhouse le droit d'élire parmis ses bourgeois un bourgmestre, ne pouvant être révoqué que par l'empereur. Nait ainsi la république de Mulhouse.

En 1354,  il acte la naissance de la décapole, l'union entre 10 villes alsaciennes :  Colmar, Haguenau, Kaysersberg, Mulhouse, Munster, Obernai, Rosheim, Selestat, Turkheim, Wissembourg.

Ces villes concluent entre elles une alliance militaire, mais aussi économique, puisqu'en cas de faillite éventuelle de l'une d'elle, les autres s'engagent  lui apporter des fonds.

Contrairement  Strasbourg, ces villes ne sont pas des villes franches. Les nobles continuent d'y être influents, et font souvent valoir des prétentions.

 

En 1444, Frederic III du Saint Empire demande au roi de France des troupes pour prendre sa revenche sur les confédérés suisses. C'est ainsi que les Armagnacs, bandes de mercenaires désoeuvres, s'allient à la noblesse alsacienne, se retrouvent à Bâle qu'ils dévastent, puis décident de se porter sur Mulhouse, qu'ils asiégent du 18 sepembre 1444 au printemps 1445, dévastant tous les alentours, ce dont les nobles furent ensuite tenus pour responsables. La corporation des nobles fut dissoute à Mulhouse.

 

A partir de 1446, c'est Sigismond le riche qui administre le Sundgau, comme régent du Tyrol et de l'Autriche antérieure.

En 1466, le Seigneur de Reguisheim sous couvert des Habsbourg, prend le pretexte d'une dette de six deniers dûe à un meunier par Mulhouse, pour s'unir avec d'autres seigneurs et porte le fer contre la ville.

La décapole, craignant de se trouver mal engagée contre les puissantes armées autrichiennes, prend le partit de ne pas soutenir Mulhouse, et Turkheim, Munster et Kaysersberg choisisent même de s'unir aux nobles.

Mulhouse se tourne alors vers la confédération, et signe un traité de coopération militaire avec Berne et Soleure. La ville et ses nouveaux alliés écrasent les nobles, et Turkheim et Kaysersberg, effrayées par leur puissance, craigant des représailles, se retournent contre les nobles.

Les nobles, honteux de leur défaite, mettent à sac Illzach et Modenheim.

En représailles, les mulhousiens saccagérent les seigneuries alentour, tant et si bien que le Lagvogt d'Autriche vint faire le siége de la ville. En réaction, les confédérés envoyérent 10.000 hommes dont beacoup de Bernois, faire le ménage.

Nobles, Autrichiens et troupes alliées furent vaincues, et les confédérés se lancérent dans le sac de la Haute Alsace et de la Forêt noire.

De là le resentiment durable entre Mulhouse et le restant de la Haute Alsace. De 1515 à 1798, Mulhouse sera une république suisse.

Sigismond fut contraint de dédomager Mulhouse et ses alliés et empétré dans d'autres démélés avec la confédération, il choisit de vendre, ou de céder en gage... (les références ne disent pas toutes la même chose sur la question) le Sundgau aux Bouguignons...

A l'époque, le duché de bourgogne avait pris desL'état de Charles le Téméraire proportions considérables :  4 ducs au fort caractére avaient oeuvré  assoir leurs positions en Lorraine, en Flandre, sur le nord de la France, en Belgique et en Hollande.

Charles le Téméraire devient donc maitre des destinées Séppoisiennes.

Ce Valois est arriére arriére petit fils de Jean le Bon, mais aussi petit fils du roi du Potugal, et en parentée avec les Plantagenet par son mariage avec Marguerite d'York.

Il acquiert donc le Sundgau et le Brisgau pour 50 000 florins, et en confie l'admnistration à Pierre de Haguenbach, seigneur de peu de conscessions, dont on pourra lire les exploits dans un trés bon livre édité par la société d'histoire du Sundgau.

Pierre de Haguenbach se rend trés rapidement impopulaire, et les Sundgauviens se rangent vite du coté de Sigismond quand celui ci propose de racheter leurs terres au duc.

 

Celui-ci ne veut rien savoir, mais de son coté, Louis XI met les moyens pour le mener à sa perte. Il soudoie les confédérés, à hauteur d'un milion de florins, pou partir en guerre contre le Téméraire.

Qui sera défait en 1476, en mars à Grandson, et en juin à Morat.

En octobre, il est devant Nancy, qui a été reprise par René II de Lorraine. Cette ville a pour lui une importance cruciale... Sans elle, il ne peut plus acceder librement à ses territoires du nord.

Il mourra sous ses murailles en janvier 1477, et on retrouvera son cadavre à demi mangé par les loups.

 

Son épouse, Marguerite d'York, arrangera la même année avec Sigismond, le mariage de de son unique héritiére, Marie de Bourgogne, avec le fils de ce dernier, qui deviendra Maximilien I... et retour du Sundgau dans les terres Habsbourgeoises.

 

Mais de là datera la perpetuelle mésentente entre rois de France et Habsbourgs : les premiers revendiqueront réguliérement la bourgogne, et surtout les territoires au nord de la France.

 

Pour les  confédérés, celà entraina aussi quelques domages collatéraux. Certains mercenaires surtout à l'ouest se voulaient servir le roi de France, tandis que d'autres surtout à l'est, voyaient d'un meilleur oeil la solde des Habsbourg. D'où les rivalités entre villes suisses.

 

Les Suisses, nous l'avons vu, avaient apris à former des troupes à pied, munies de longues lances, capables de briser les assaults de cavalerie. A la suite de leur nombreux succés, ces troupes trouvaient facilement à se louer sur tous les champs opérationnels européens.

 

Le génie de Maximilien fut de comprendre qu'il avait tout à gagner à former pour son compte des gens qui lui seraient plus attachés à ce genre de stratégie, et c'est ainsi que naquirent en Souabe et en Alsace les compagnies de Lansquenets, qui ne tardérent pas à concurencer les mercenaires Suisses.

Ce souverain qui avait hérité de son père d'une guerre à l'est avec la Hongrie, bataillant pour la succession de la maison de Bourgogne en Flandres et en Bourgogne, ainsi qu' aux Pays Bas, puis dans le nord de l'Italie contre les prétentions françaises, avait grand besoin de troupes fidéles.

 

La seule crainte de s'y trouver confrontés suffisait à faciliter la signature de pactes et de traités de paix, souvent ephémères, qui permirent pourtant à Maximiien de laisser  son petit fils Charles Quint une succession un peu plus stable que celle qu'il avait reçue lui même.

 

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