Etuchon Adalric, duc d'Alsace, père de Ste Odile, grand père de Boronus
 

 

 

Seppois-le-Haut
Obersept

Et pendant ce temps là, autour de Seppois....

A coté de la grande Histoire, celle des empires, il y a l'histoire locale, pas moins compliquée.

Nous alons essayer d'en comprendre quelques aspects, mais n'étant pas historien de formation, l'auteur vous exposera ce qu'il a compris, en demandant votre indulgence, et  votre assistance si vous avez des informations qui démentiraient ses recherches.

Il vous suffira de lui laisser un message sur le site de la commune.

 

Il nous faut maintenant parler du comté de Ferrette. 

Au départ, il y aurait eu à Ferrette une ancienne tour romaine, sur laquelle serait venu se construre un château. De ce qui s'est passé entre les deux époques, nous n'avons pas de vision vraiment précise.

Au VIIIeme Siécle, c'est un certain Boronus qui régnait sur le pagus Alsgauensis, ou pagus d'Elsgau, dont serait issue entre autre l'actuelle Ajoie. Ces pagi, à l'origine entitées administratives celtes, divisaient les grandes cités en unitées territoriales disposant d'une certaine autonomie. Les mérovingiens, s'étaient d'abord appuyés sur ces entités adminsitratives juridictionnelles et militaires, mais les avaient pourtant remplacés petit à petit par des comitatés (comtés), pour assoir sans doute de façon plus stable l'autorité féodale.

Dans l'Ephéméride du comté de Montbéliard, de M. DUVERNOY, publié en 1832, ce Boronus était présenté comme le petit fils d'Etuchon Adalric, et régnait entre autre sur Mandeure, Montbéliard, Belfort, Delle et Porentruy. En 747, il fait un don au monastére d'Honau, prés de Strasbourg, devant la population de Mandeure.

 Au traité de Verdun, le pagus d'Ajoie est rattaché à la Lotharingie, et suivra les aléas de ce territoire. En 888, il est intégré au royaume de Bourgogne par le comte Rodolphe, qui est descendant en ligne directe des Luitfried, et petit fils de Hugues II, comte de Tour et du Sundgau.

La Bourgogne, soumise à bien des aléas depuis le IVeme siecle, en vient à connaître les invasions des Hongrois au début du Xeme siecle, et c'est ainsi qu'on décide de construire pour la défendre l'un des premiers châteaux féaudaux à Montbéliard, selon un dossier détenu à la mairie de Montbéliard.  Cependant DUVERNOY fait mention d'une édification dés 359.

L'Alasace, vers l'an 1000Toujours est-il que c'est l'un des 4 chateaux qui contribuera à la puissance de Louis de Scarpone, comte de Bar-Mousson, comte de Montbéliard, comte de Ferrette.

Ce Louis de Scarpone, (actuellement Dieulouard en Meurthe et Moselle), fils de Richwin de Sarpone et de Hildegarde d'Eguisheim, et donc neuveux du pape Léon IX, est connu comme un guérrier redoutable et fidéle soutien de l'empereur germanique Conrad II le Salique dont il recevra bien des récompenses.

L'empereur lui fait d'abord épouser en 1038 la niéce de son épouse Gisèle de Souabe, Sophie de Bar (Bar le Duc) fille de Frédéric II, Duc de Bar, qui lui apporte aussi le comté de Mousson, pour contrer les visées de la revendicative maison de Verdun

En 1042, l'empereur donne à Louis Ferrette et Montbéliard, et trouve en lui un fidéle soutient contre Renaud Ier de Bourgogne, en 1044.

En 1048, Bruno d'Eghisheim Dagsburg, Eveque de Toul, et parent de Louis, vient consacrer la chapelle Sainte Catherine. Le 1er février 1049, ce puissant seigneur qui se comporta comme un humble bénédictin et réforma un évéché où les puissants prélats faisaient regner la simonie, fut élu pape à Rome, et fut intronisé sous le nom le Léon IX, le seul pape alsacien à ce jour.

Frédéric, fils de Louis, l'aurait ensuite accompagné à Rome. (source plusieurs articles WIKIPEDIA, mais pas toujours trés clairs, et parfois à la limite du contradictoire) A son retour, il aurait fondé un chapitre de bénédictins à Ferrette.

Ses fils Thierry et Frédéric recueilleront le comté en 1073, puis il reviendra en  1105 à Frédéric Ier, fils de Thierry comte de Ferrette et d'Altkirch, qui vient s'instaler à Ferrette en 1125. Il acquirera des droits sur les seigneureries de Porrentruy et de Delemont.

 

En 1105, il est fait mention d'une chapelle Saint Christophe, en bois, à Altkirch.saint morand

Frédéric 1er l'aurait donnée à Hugues, abbé de Clunny, sous réserve qu'il envoie des moines de son abbaye pour l'édification du Sundgau.

C'est Saint Morand qui est né à Worms, qui viendra établir la régle bénédictine, et s'avèra, pas sa connaissance de la langue alémanique, le prêcheur idéal pour évangéliser le Sundgau.

Il mourra à Altkirch aux alentours du 3 juin 1115, aprés avoir pendant 10 ans bien rempli sa mission.

 

L'abbaye de lucelle vers 1792En 1123, les comtes de Montfaucon font ériger l'abbaye cistercienne de Lucelle, dont le premiére piérre fut bénie, selon la légende, par Saint Bernard lui même.

Cette abbaye à cheval sur la Suisse et la France, rayonnera longtemps allentour.

 

Son fils Louis 1er l'un des comtes de Ferrette décèdera à la troisieme croisade, en 1190 ou 1191

 

 En 1264, c'est Ulrich II qui régne sur Ferrette. Cette date est un peu spéciale, pour les seppoisiens. Il fait rédiger le document qui est le premier écrit répertorié sur Seppois. Il est conservé dans le fonds de Lucelle.

Voici sa transcription:moniales

"Ulrich, comte de Ferrette, souhaite à tous les fidèles du Christ, qui lisent la présente lettre, salut et bonheur, en prenant connaissance de ce document. Par le présent écrit, nous voulons dire à tout le monde, gens d'aujourdhui et gens de demain ce qui suit.

Pour l'amour de Dieu et le salut de notre âme, nous faisons don de revenus de la valeur de 60 quartauts d'impôts sur le village de Septen, à l'abbaye de Michelvet de l'ordre de Citeaux, située dans le dioscése de Bâle. Ce don a été laissé par l'homme d'armes, Henri de Septen, d'excellente mémoire, notre ministériel, pour le motif suivant : l'abbaye a accueilli ses filles dans son ordre.

Nous agréons volontiers cette donnation, la ratifions, la reconnaissons et la confirmons par la présente lettre, munie de notre sceau, en foi et mémoire de ce qui précède. Donné en l'an du Seigneur 1264.

 

De cet écrit résulte que le noble en charge de Seppois était bien attaché au comte,

Où allaient ses filles n'est pas clair. On ne localise Michelvet sur aucune carte. Etait ce vers un couvent de chanoinesses, où les jeunes filles nobles vivaient selon une régle assouplie? Il semble que non, puisqu'on parle bien de Citeaux, et donc de la régle de St Bernard, et non pas de la régle de St Benoit.

Est ce que l'on aurait simplement eu un lieut dit Michelvet à Feldbach, ou le noble seigneur avait laissé édifier 20 ans plus tôt une abbaye? La piste ne semble pas meilleure. Feldbach dépendait de Cluny, qui suivait la régle de Saint Benoit.

Par contre, la seule abbaye cistercienne répertoriée comme relevant de l'évêque de Bâle est celle de Lucelles. Connue pour ne recevoir que des moines. Un mystére qui reste donc à résoudre.

 

Cet Ulrich parait gentil seigneur bien pieu, à lire le leg qu'il autorise à son vasal.

Mais à connaitre mieux son histoire, on découvre qu'en fait, il a assassiné son pére, et laissé accuser son frêre Louis III le Grimmel, qui fut condamné à n'administrer qu'un tout petit fief autour de Porrentruy. L'hitoire eu retenu ce dernier pour le véritable assassin, si M. Quiquerez n'avait découvert en 1852 un parchemin portant le sceau de Frederic, et contenant la confession de ce dernier le 31 janvier 1275 à un moine bernardin.

 "En présence de Dieu et de sa mère Marie, Nous Ulric, comte de Ferrette, faisons connaître que le meurtrier de notre père Frédéric, n’est point notre frère Louis que nous avons injustement accusé et que nous avons exclu de l’héritage à cause de la malédiction paternelle, mais que c’est nous Ulrich. Dieu veuille nous absoudre de ce parricide ainsi que du meurtre de Rodophe comte de Sogren tué avec le même poignard et enseveli secrètement avec lui dans la chapelle du château de Sogren. C’est pourquoi, au moment de quitter la vie, je confesse tous mes péchés au révérend moine Benoît qui écrit cette confession pour qu’elle soit le monument de mon crime et de mon sincère repentir. En témoignage de quoi la présente charte a été munie de notre sceau. Donné en l’an du Seigneur mil deux cent soixante-quinze, la veille des calendes de février."

 

Dans l'imagianire commun, qui dit seigneur, dit chateau.

A-t-il  existé un château à Seppois le Haut?

La réponse semble bien positive.

Tout d'abord regardons la toponimie : si on va de la mairie vers Bisel, les grands champs qu'on voit à droite de la route, avant la Largue, forment le lieu dit "Schlossmatten" .

En langue vernaculaire, château se dit schloss.

Donc chateau il y eu. Mais déjà du temps du ministeriel Henri de Septen? Voilà ce qu'on ne saurait pas vraiment dire.

Dans l'annuaire de la Société d'Histoire du Sundgau de 1959, se référant à un article paru dans les "Affiches, Annonces, et Avis divers d'Altkirch" en mai 1857, attribué à l'historien Stoffel, on peut lire "Au sud de la Largue, on trouve dans la prairie les ruines d'un ancien château qui devait être considérable à en juger par les tertres dont elles sont recouvertes. Quand on creuse dans le sol, pour faire des travaux d'irrigation, la pelle heurte à chaque pas contre des poutres fichées en terre et celles d'autres matériaux. Les têtes du pont qui reliait ce vieux manoir à la route de Bisel sont encor trés visibles. Il y a 60 ans  (1796?) qu'il a été emporté par les eaux. La tradition locale rapporte que ce donjeon appartenait à une famille noble appellée RUBBEN. On ne sait pas à quelle époque fut détruit ce château."

 Un wasserburg

Situé où elle était, cette structure contrôlait probablement le passage par dessus la Largue d'une route qui pouvait réunir Mandeure, Besançon ou Porrentruy à Bâle.

Il pourrait s'agir d'une motte castrale? Mais alors que sont devenus les deblais de la motte? Et pourquoi trouvait-on des poutres entérrées à un niveau où on voulait irriger?

Ou d'un wasserburg? un château entouré d'une vaste étendue d'eau? Le lieux est plus propice à ce genre de constrcution... mais là encore, il aurait fallu qu'une petite motte vienne entourer la construction pour qu'elle soit hors d'eau... et l'étimologie ne correspond pas tout à fait. 

Il reste des recherches à faire pour comprendre de quoi il s'agissait, et si c'est à cette époque qu'à été construit l'édifice.

De même, à cette heure, je n'ai trouvé nulle trace de cette famille RUBBEN, ni sur les sites parlant d'histoire, ni sur les sites de généalogie.

 

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